Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 09:47

lettre-a-mes-tueurs.pngPierre, écrivain en proie au syndrome de la feuille blanche, vit sous les toits dans un immeuble de Marseille, la ville qui l’a vu naître et où il a passé son enfance. Voilà que, sous cette canicule de juillet qui a déjà eu raison de plusieurs milliers de personnes âgées et où « nul n’aurait le courage de grimper les cinq étages pour déboucher, ruisselant, sous les tuiles, dans ce four » qu’est son appartement, Pierre voit débarquer brusquement Charlie, un ami d’enfance, qu’il n’avait pas revu depuis plus de vingt ans. Charlie est blessé, perd son sang et il est visiblement poursuivi. Il confie à Pierre une cassette qu’il lui demande de dissimuler et lui communique un numéro de téléphone qu’il pourra appeler en cas d’urgence. Puis, il disparaît. Voici le point de départ d’une aventure pleine de suspense et de rebondissements dans laquelle notre écrivain inoffensif et déboussolé va se trouver entraîné. Au fil des évènements, Pierre, devenu gibier, est happé par l’univers du grand banditisme dans lequel il va devoir survivre. Peu à peu, le mouton devient loup et son itinéraire se densifie en même temps qu’il se complexifie. Pris dans l’engrenage d’une guerre des gangs qui défraye la chronique de la capitale phocéenne, Pierre parviendra-t-il à tirer d’affaire son ami Charlie, avec l’aide d’un caïd du milieu marseillais ? René Frégni nous livre là une histoire aboutie, dans un style imagé et agréable, une écriture soignée et fluide, avec un suspense bien entretenu et une action présente à chaque page. Ce roman tire aussi sa richesse et son authenticité d’éléments autobiographiques que l’auteur, lui-même marseillais, intègre avec succès à sa fiction. C’est aussi un hymne à l’amitié et à l’amour paternel. Le récit est empreint d’une grande sensibilité que René Frégni sait habilement marier avec la dimension violente du polar. Je me suis régalé à la lecture de ce roman policier haut de gamme digne des grands classiques du genre et qu’il faut absolument découvrir.   

Lettre à mes tueurs, de René Frégni, folio policier, réédité en février 2014, 241 pages, 7 € 40.

Par ma fabrique de polars - Publié dans : Coups de coeur - Communauté : Créateurs et amateurs de polars...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 09:20

kebab-killer.pngIl ne fait pas bon être d’origine maghrébine, avoir une trentaine d’années et vendre des kébabs, le soir, dans une petite rue tranquille d’une grande ville française, comme Paris, Lyon ou encore Marseille. On a alors toutes les chances de se retrouver égorgé comme l’est un mouton pour la fête de l’Aïd. Qui peut donc bien en vouloir à ce point aux malheureux vendeurs de kébabs, bons pères de famille sans histoires ? C’est la question à laquelle doivent répondre le commissaire Dourlet et toute son équipe, en liaison avec les brigades de Lyon et de Marseille. Dans quel passé lointain, le tueur va-t-il puiser ses motivations ? Et, d’ailleurs, n’y a-t-il qu’un seul tueur ? Il semble bien que non. Avec une rigueur technique et documentaire indiscutable, Bernard Degioanni  nous entraîne dans une nouvelle aventure vibrante, bourrée d’action à l’image de son précédent polar « La femme-nénuphar » auquel j’avais déjà consacré une chronique. Certes, il s’agit d’un polar puisque l’on suit des policiers en pleine enquête mais, avant tout, il s’agit d’un roman d’action comme sait les fabriquer l’auteur, avec beaucoup de mouvement. Rien à voir avec un Maigret ou un Fred Vargas. L’action, parfois violente, est à toutes les pages. Un fond de romance cependant, avec l’idylle entre le lieutenant Dampierre et la jolie capitaine Marionnaud. Un roman à l’écriture soignée dans lequel on ne s’ennuie pas et que je recommande à ceux qui aiment l’action et les enquêtes mouvementées.

Kébab killer, de bernard Degioanni, Editions Persée, juillet 2014, 324 pages, 19 € 90.

Par ma fabrique de polars - Publié dans : Coups de coeur - Communauté : Créateurs et amateurs de polars...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 21 août 2014 4 21 /08 /Août /2014 13:39

la-grande-embrouille.jpgComment résumer ce qui porte fort justement le titre de « Grande embrouille » ? Un coiffeur de Barcelone, ex-taulard sans clientèle, part à la recherche d’un ancien camarade de détention devenu son ami et subitement disparu. C’est le point de départ d’une série d’aventures cocasses, prétextes à un récit picaresque, une farce burlesque, un texte bourré d’un humour tantôt hilarant, tantôt feutré et amer. Une histoire haute en couleurs, en tout cas, bien écrite, où règne à la fois un comique de situation, de dialogues, un humour suscité par les personnages déjantés mais aussi un humour tenant au style et à l’emphase lexicale. J’y ai retrouvé par moments des échos de Petros Markaris         ( Liquidations à la grecque ), tant par l’humour que par la description d’un univers populaire propre aux pays méditerranéens. J’y ai également retrouvé l’atmosphère si particulière de Barcelone qui donne son cadre à l’intrigue. Une intrigue qui se traîne parfois un peu en longueur et l’on s’attache alors davantage aux personnages qu’au suspense d’une faible intensité. Somme toute, un coup de cœur modéré mais un univers à découvrir et qui plaira à ceux qui aiment le mélange entre polar et humour.

La grande embrouille, de Eduardo Mendoza, Points, mai 2014, 278 pages.

Par ma fabrique de polars - Publié dans : Coups de coeur - Communauté : Créateurs et amateurs de polars...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 18 août 2014 1 18 /08 /Août /2014 16:04

le-repentir.jpgStéphane Laroche a reçu de sa femme Alice un message lui disant qu’elle passait le week-end avec un autre homme et qu’à son retour à la maison, ils auront une explication et qu’elle le quittera définitivement en emportant le reste de ses affaires. Mais, voilà, Alice ne rentre pas et Stéphane s’inquiète. Il signale la disparition de sa femme à la police qui ne semble pas se mobiliser pour la retrouver. Stéphane est convaincu qu’il est arrivé quelque chose à Alice. Lassé par l’inertie des enquêteurs, Stéphane débarque au Quai des Orfèvres pour y faire un scandale. Après avoir endossé le rôle de suspect, il se voit mis en relation avec une jeune inspectrice, Noé Mancini, qui semble déterminée à comprendre ce qui est arrivé à Alice. Ainsi s’engage une improbable collaboration entre deux personnages aussi inexpérimentés que dissemblables, aux méthodes différentes, mais qui vont apprendre à se connaître au cours d’une enquête qui se révélera complexe et les plongera dans un univers sordide. Bien construite et bien écrite, cette intrigue est prenante, distillant un suspense bien dosé. Les personnages sont assez crédibles. Le dénouement est assez convenu mais c’est un petit polar qui mérite d’être découvert.

Le repentir, de Laurent Bettoni, Marabout poche, avril 2014, 284 pages, 6 € 99.

Par ma fabrique de polars - Publié dans : Coups de coeur - Communauté : Créateurs et amateurs de polars...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 10 août 2014 7 10 /08 /Août /2014 11:25

le-chant-des-morts.jpgBrett est soi-disant un ancien major de l’armée anglaise qui a racheté une drôle de maison dans un de village de Provence apparemment normal. Il est parvenu plus ou moins à s’y intégrer grâce aux parties de canastas et aux apéros du bar de la place où il côtoie les figures locales. Mais il y a un autre bar, La Marine, moins bien fréquenté où une faune plus ou moins inquiétante virevolte autour de celui qui semble le maître du village, Pelgras, le marguiller, personnage ambivalent, oscillant entre bienveillance et menace. Un beau jour, Brett découvre dans son jardin ce qui ressemble à des ossements humains, enfouis à fleur de terre, derrière une haie. Alors, commence le temps de l’inquiétude et des interrogations. Des intimidations aussi. Quel mystère plane au-dessus de ce village ? Quel rôle joue chacun des personnages qui gravitent autour du major ? Dans un style agréable et sur un bon rythme, Jean-Paul Demure entraîne le lecteur dans une intrigue prenante, où le suspense est présent à chaque page, sans longueurs inutiles. Le dénouement est assez  inattendu. Polar intéressant à découvrir pour passer quelques heures sympas.

Le chant des morts, de Jean-Paul Demure, Rivages noirs, avril 2014, 235 pages, 8 €.

Par ma fabrique de polars - Publié dans : Coups de coeur - Communauté : Créateurs et amateurs de polars...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

ISSN 2267-0947

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Septembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés