Mercredi 10 septembre 2014 3 10 /09 /Sep /2014 11:40

c-est-bon.pngUn magnat du café fait appel à un détective privé, Sam Murchinson, pour retrouver sa fille qui a fugué. Et c’est de là que part un véritable torrent de suspense et d’humour qui va porter le lecteur, de rebondissements en rebondissements, de bons mots en bons mots, d’auto-dérision aussi, le balader de New-York à Paris, le tenir en haleine et en pleine jubilation jusqu’au final digne des meilleurs polars. On retrouve dans ce polar un mélange d’influences qui se marient excellemment pour donner un produit des plus savoureux. On sent Antoine de Caunes embarqué dans un délire jubilatoire, réinvestissant avec talent les influences américaines ( Dashiel Hammett, Raymond Chandler ) mais aussi françaises ( Léo Malet et pourquoi pas Frédéric Dard ). Son détective est un modèle du genre qui aime l’alcool, les filles et la bagarre et que rien ne déstabilise vraiment. Ce fut un véritable régal que cette lecture, avec des éclats de rire réguliers et l’envie d’aller au bout d’une seule traite. Bravo, monsieur de Caunes, vous vous inscrivez dans la lignée de vos maîtres. Un excellent remède contre la morosité.

C’est bon mais c’est chaud, de Antoine de Caunes,  J’ai lu, février 2014, 254 pages, 7 € 80.

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Lundi 8 septembre 2014 1 08 /09 /Sep /2014 13:20

On-ne-sendort-jamais-seul_5675.jpgAntoine n’a qu’une raison de vivre, sa fille Marie, âgée de sept ans dont il prend un soin jaloux. Un jour, il est en retard pour venir la chercher à la sortie de l’école. Marie a disparu. Il a beau la chercher partout, mobiliser les enseignants, les parents des amies de sa fille, il doit se rendre à l’évidence : Marie a été enlevée. C’est pour Antoine le début d’un véritable calvaire dans lequel il va être accompagné et soutenu par Jacky Costello, un caïd marseillais, vieil ami d’enfance. Les deux hommes vont pousser leurs recherches dans les méandres de ce qu’il y a de plus glauque dans l’âme et le comportement humains : la pédophilie et la pédo-pornographie. Pourtant rien de glauque, ni de complaisant dans ce thriller dont les ressorts ressemblent à ceux de « Lettre à mes tueurs » mais fonctionnent encore une fois à merveille : un brave homme vit une vie tranquille et heureuse lorsque surgit l’évènement qui va consacrer son malheur en faisant évoluer une situation simple et paisible en un écheveau complexe et terrifiant. Une nouvelle fois, l’amitié remontant à l’enfance fonctionne comme un moteur efficace pour faire tourner le récit tel une mécanique bien huilée qui vous porte page après page, vous tient en haleine et vous empêche de refermer le livre. Bien écrit, dans un style séduisant et imagé, « On ne s’endort jamais seul » est une belle réussite qui, à l’image de « Lettre à mes tueurs », s’inscrit dans la veine des grands classiques du roman noir. A découvrir absolument.

On ne s’endort jamais seul, de René Frégni, collection Folio, décembre 2011, 173 pages,  5 € 60.

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Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 09:47

lettre-a-mes-tueurs.pngPierre, écrivain en proie au syndrome de la feuille blanche, vit sous les toits dans un immeuble de Marseille, la ville qui l’a vu naître et où il a passé son enfance. Voilà que, sous cette canicule de juillet qui a déjà eu raison de plusieurs milliers de personnes âgées et où « nul n’aurait le courage de grimper les cinq étages pour déboucher, ruisselant, sous les tuiles, dans ce four » qu’est son appartement, Pierre voit débarquer brusquement Charlie, un ami d’enfance, qu’il n’avait pas revu depuis plus de vingt ans. Charlie est blessé, perd son sang et il est visiblement poursuivi. Il confie à Pierre une cassette qu’il lui demande de dissimuler et lui communique un numéro de téléphone qu’il pourra appeler en cas d’urgence. Puis, il disparaît. Voici le point de départ d’une aventure pleine de suspense et de rebondissements dans laquelle notre écrivain inoffensif et déboussolé va se trouver entraîné. Au fil des évènements, Pierre, devenu gibier, est happé par l’univers du grand banditisme dans lequel il va devoir survivre. Peu à peu, le mouton devient loup et son itinéraire se densifie en même temps qu’il se complexifie. Pris dans l’engrenage d’une guerre des gangs qui défraye la chronique de la capitale phocéenne, Pierre parviendra-t-il à tirer d’affaire son ami Charlie, avec l’aide d’un caïd du milieu marseillais ? René Frégni nous livre là une histoire aboutie, dans un style imagé et agréable, une écriture soignée et fluide, avec un suspense bien entretenu et une action présente à chaque page. Ce roman tire aussi sa richesse et son authenticité d’éléments autobiographiques que l’auteur, lui-même marseillais, intègre avec succès à sa fiction. C’est aussi un hymne à l’amitié et à l’amour paternel. Le récit est empreint d’une grande sensibilité que René Frégni sait habilement marier avec la dimension violente du polar. Je me suis régalé à la lecture de ce roman policier haut de gamme digne des grands classiques du genre et qu’il faut absolument découvrir.   

Lettre à mes tueurs, de René Frégni, folio policier, réédité en février 2014, 241 pages, 7 € 40.

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Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 09:20

kebab-killer.pngIl ne fait pas bon être d’origine maghrébine, avoir une trentaine d’années et vendre des kébabs, le soir, dans une petite rue tranquille d’une grande ville française, comme Paris, Lyon ou encore Marseille. On a alors toutes les chances de se retrouver égorgé comme l’est un mouton pour la fête de l’Aïd. Qui peut donc bien en vouloir à ce point aux malheureux vendeurs de kébabs, bons pères de famille sans histoires ? C’est la question à laquelle doivent répondre le commissaire Dourlet et toute son équipe, en liaison avec les brigades de Lyon et de Marseille. Dans quel passé lointain, le tueur va-t-il puiser ses motivations ? Et, d’ailleurs, n’y a-t-il qu’un seul tueur ? Il semble bien que non. Avec une rigueur technique et documentaire indiscutable, Bernard Degioanni  nous entraîne dans une nouvelle aventure vibrante, bourrée d’action à l’image de son précédent polar « La femme-nénuphar » auquel j’avais déjà consacré une chronique. Certes, il s’agit d’un polar puisque l’on suit des policiers en pleine enquête mais, avant tout, il s’agit d’un roman d’action comme sait les fabriquer l’auteur, avec beaucoup de mouvement. Rien à voir avec un Maigret ou un Fred Vargas. L’action, parfois violente, est à toutes les pages. Un fond de romance cependant, avec l’idylle entre le lieutenant Dampierre et la jolie capitaine Marionnaud. Un roman à l’écriture soignée dans lequel on ne s’ennuie pas et que je recommande à ceux qui aiment l’action et les enquêtes mouvementées.

Kébab killer, de bernard Degioanni, Editions Persée, juillet 2014, 324 pages, 19 € 90.

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Jeudi 21 août 2014 4 21 /08 /Août /2014 13:39

la-grande-embrouille.jpgComment résumer ce qui porte fort justement le titre de « Grande embrouille » ? Un coiffeur de Barcelone, ex-taulard sans clientèle, part à la recherche d’un ancien camarade de détention devenu son ami et subitement disparu. C’est le point de départ d’une série d’aventures cocasses, prétextes à un récit picaresque, une farce burlesque, un texte bourré d’un humour tantôt hilarant, tantôt feutré et amer. Une histoire haute en couleurs, en tout cas, bien écrite, où règne à la fois un comique de situation, de dialogues, un humour suscité par les personnages déjantés mais aussi un humour tenant au style et à l’emphase lexicale. J’y ai retrouvé par moments des échos de Petros Markaris         ( Liquidations à la grecque ), tant par l’humour que par la description d’un univers populaire propre aux pays méditerranéens. J’y ai également retrouvé l’atmosphère si particulière de Barcelone qui donne son cadre à l’intrigue. Une intrigue qui se traîne parfois un peu en longueur et l’on s’attache alors davantage aux personnages qu’au suspense d’une faible intensité. Somme toute, un coup de cœur modéré mais un univers à découvrir et qui plaira à ceux qui aiment le mélange entre polar et humour.

La grande embrouille, de Eduardo Mendoza, Points, mai 2014, 278 pages.

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