Jeudi 16 mai 2013
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Henri Moret revient en France après trente années d’absence passées en Australie où il s’est refait une vie. Dans l’avion de retour, il
décède. Son voisin de siège, Adam Fournier, procède alors à un échange de papiers et usurpe son identité. Pourquoi une telle substitution et pourquoi les épouses des deux hommes
semblent-elles jouer le jeu comme si rien ne s’était passé ? Et que cherche exactement ce troisième homme, Samuel Mann, enquêteur pour une société d’assurances, qui semble pister Adam
Fournier ? Quel lien unissait les deux protagonistes ? Quels enjeux se cachent derrière cet échange d’identités ? C’est ce sur quoi ce roman va tenter de lever le voile. Une
situation qui présente au départ des aspects difficilement crédibles, avec une galerie de personnages improbables et une intrigue qui peine à étonner le lecteur. Pas de véritables
rebondissements, un suspense très moyen et une fin décevante m’ont rendu cette lecture de plus en plus difficile au fil des pages. Un roman bien écrit dans l’ensemble mais sans réelle
originalité, ni dans le style, ni dans sa construction. Il est l’œuvre d’une auteure prolifique, traduite en plusieurs langues et éditée chez Fayard. Ma déception n’en a été que plus forte. Un
livre qui ne m’aura pas marqué et que j’oublierai assez vite. Au final une impression assez mitigée.
Complot de femmes, de Christine Arnothy, Editions Fayard, 2001, 412 pages.
Par ma fabrique de polars
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Lundi 13 mai 2013
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« La huitième case » n’est pas un polar, contrairement à une classification que certains lui attribuent, mais un roman qui
appartient plutôt au genre fantastique. Souvenez-vous du film « Blair witch project » http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Projet_Blair_Witch
dans lequel un groupe de jeunes s’immerge, armé d’une caméra, dans une forêt
réputée hantée, dont il est quasiment impossible de s’échapper. « La huitième case » est en quelque sorte la réplique de cette histoire fantastique et angoissante, transposée dans une
Angleterre terrienne, de nos jours. Un groupe de propriétaires fonciers s’enfonce dans une forêt aux limites incertaines, en compagnie d’un duo d’arpenteurs, pour délimiter la parcelle d’un
nouveau propriétaire. Au cours de cette excursion qui, au départ, ne doit pas excéder une demi-journée, les choses tournent mal. Le vieil arpenteur, le seul à bien connaître ces bois, est victime
d’un accident vasculaire cérébral et se trouve plongé en pleine hébétude. Le groupe est perdu et ne parvient pas à retrouver son chemin. La nuit survient, avec son lot d’angoisses. Les vieilles
rancœurs réapparaissent alors au sein du groupe dont les membres se connaissent très bien depuis l’enfance. La tension monte jusqu’à l’affrontement. Dans des conditions qui tiennent de
l’opération-survie, les cœurs et les âmes sont mis à nu. La fin est surprenante et c’est elle qui donne à ce roman sa coloration fantastique. Le style, la construction du récit, la définition des
lieux et des personnages sont excellents. Ce qui pèche, c’est sans doute les longueurs dont ce roman est truffé et qui finissent par entamer l’intérêt qu’on devrait lui porter. C’est sans doute
la raison pour laquelle je n’ai pas éprouvé un coup de cœur mais seulement une impression mitigée. A découvrir néanmoins pour les amateurs du genre.
La huitième case, de Herbert Lieberman, Editions du Seuil, Coll. Points, 1998, 300 pages.
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Lundi 29 avril 2013
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« Filles » est un roman noir qui narre une histoire profondément enfouie dans l’hiver nord-américain qui n’en finit pas, une
histoire dont les personnages s’enfoncent inexorablement dans une épaisse couche de neige, sans cesse renouvelée, où s’enlisent leurs espoirs et leurs illusions. A l’image de Jack qui cohabite
avec sa femme Fanny, tous deux ravagés par le chagrin depuis la mort de leur nourrisson dont ils ne parviennent pas à faire le deuil. Fanny est infirmière aux urgences de l’hôpital tandis que
Jack, ancien marine, assure la surveillance du campus de l’université sur lequel il patrouille et, tel un saint-bernard, vient en aide aux naufragés de la neige, verbalise les contrevenants et
cherche à protéger d’eux-mêmes les gosses de riches qui fréquentent les lieux où le viol et le trafic de stupéfiants sont une plaie vive. Dans cet univers sombre, clos et coupé de tout, des
jeunes filles disparaissent. S’agit-il de l’œuvre d’un sérial-killer ou ces crimes sont-ils indépendants les uns des autres ? Un professeur demande à Jack de venir en aide à la famille
Tanner dont la fille, Janice, âgée de quinze ans, a disparu. Tout en se débattant avec ses propres problèmes, tout en essayant de colmater les plaies de sa propre vie qui part en lambeaux, Jack
va s’atteler corps et âme à la recherche de celui qu’il tient pour le responsable de ces disparitions et plus particulièrement de celle de la petite Janice Tanner. Une sorte de justicier, façon
Tommy Lee Jones dans « Dans la brume électrique ». Parallèlement, les relations du couple avec Archie, le psychothérapeute, laissent entrevoir une autre réalité qui ne surgira qu’à la
fin du roman. Le style est tourmenté comme l’est l’âme des résidents de ce campus qui se débattent dans leurs vies, qui affrontent leurs démons et tentent de leur échapper chacun à sa façon. Il y
a certes des longueurs et la lecture est parfois difficile en raison d’un style qui applique à la langue les mêmes tourments que ceux infligés aux personnages. Je n’ai pas tiré de cette lecture
un plaisir suffisamment fort pour en faire un coup de cœur. C’est une impression mitigée qui en ressort même si je suis parvenu à aller jusqu’au terme de l’histoire. C’est un polar américain pur
jus comme je les aime modérément. A découvrir si l’on aime ce genre d’écriture.
Filles, de Frederick Busch, Folio policier, janvier 2013, 365 pages.
Par ma fabrique de polars
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Dimanche 3 mars 2013
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/2013 19:59
Au cours d’un séjour aux Maldives, Anna a survécu à un tsunami qui, par contre, a emporté son mari. A son retour à Paris, elle sombre dans une
dépression que renforcent les prédictions inquiétantes d’une voyante qui croise son chemin. Elle redoute l’eau et surtout elle a la hantise de voir disparaître sa fille. Pour des raisons
financières, elle est contrainte de s’installer près de Nantua. Or, la maison qu’elle loue est située au bord d’un lac et, la nuit, un homme au visage de clown blanc semble rôder autour d’elle et
de sa fille. Des fillettes ont déjà disparu dans cette région et une véritable psychose s’installe chez Anna. De son côté, le commissaire Rohmer enquête sur la mort des fillettes. Le chemin du
policier et celui d’Anna vont se croiser. Parviendront-ils à unir leurs efforts pour conjurer le mauvais sort dont l’ombre plane autour d’eux ?
Ce roman n’a pas déclenché un coup de cœur, tout juste une impression mitigée. Pourtant, dans ce thriller, l’action ne manque pas, l’auteur cherche à créer du suspense, installe même une tension
et je me suis surpris à aller jusqu’au bout, curieux de connaître le dénouement. Décevant, car assez attendu, soit dit en passant. D’un autre côté, John La Galite s’est vu décerner le titre
d’auteur de thriller le plus littéraire. Qu’on me permettre d’exprimer mon désaccord avec ce jugement qu’infirment son style à l’emporte pièce, la monotonie des structures narratives, la pauvreté
du vocabulaire, en un mot la faiblesse de son écriture. Se lit mais ne laissera pas une trace indélébile dans ma mémoire.
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Mercredi 23 janvier 2013
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C’est sans doute encore un crime de lèse-majesté que de publier dans la rubrique « Impressions mitigées » une chronique relative à
un roman d’Andréa H. JAPP. Autant j’avais aimé Aesculapius ou les mystères de Druon de Brévaux, autant je n’ai pas trop accroché à cet opus qui, pourtant, recèle d’indéniables qualités, au plan
de l’intrigue comme au plan historique. André H. JAPP est une des figures emblématiques du roman historique et, à n’en pas douter, la figure de proue du polar médiéval. Avec ce roman, elle nous
relate une enquête de Hardouin Cadet-Venelle, bourreau à Mortagne dans le Perche, qui est confronté au meurtre d’une religieuse, Henriette de Tisans, fille d’Arnaud de Tisans, sous-bailli de
Mortagne. Dans ce Moyen-Age soumis à des croyances religieuses fortement ancrées et à des préjugés sociaux eux aussi bien établis, Hardouin va profiter du privilège de sa charge pour mener à bien
une enquête qui n’épargnera personne. Le dénouement est inattendu même si la fin est quelque peu frustrante pour des raisons de morale sociale et encore une fois religieuse. C’est ce qui fait la
qualité de l’œuvre d’Andréa H. JAPP qui est dans le même temps cause de l’agacement que j’ai ressenti. Certes, il est de bon ton de servir le récit par un style qui fait de larges emprunts à
la langue médiévale, au plan de la syntaxe comme au plan du vocabulaire, mais cette particularité alourdit la lecture et, par moments, la rend laborieuse. S’ajoutent à cela des renvois en bas de
page, beaucoup plus didactiques encore que ceux que j’avais trouvés dans Aesculapius. Andréa H. JAPP a un évident souci de pédagogie et de vulgarisation que lui reprochent au demeurant certains de ses lecteurs. Elle le précise d’ailleurs en avertissement au début du livre comme pour s’en justifier. La fin du livre confirme cette
impression, avec un glossaire, une suite de notes biographiques et une impressionnante bibliographie qui montre le colossal travail de documentation de l’auteure. C’est donc à la fois un coup de
cœur pour le talent d’Andréa H. JAPP et une impression mitigée pour les raisons énumérées ci-dessus qui ont guidé cette chronique. Pour autant, cette auteure de talent reste une référence et,
pour qui aime les romans historiques et plus particulièrement médiévaux, elle est indéniablement un talent à découvrir.
En ce sang versé, de Andréa H. JAPP, Ed. Flammarion, mai 2012 , 339 pages.
Par ma fabrique de polars
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